05.01.2008

LA DERNIERE LIGNE DROITE

Dimanche 23 décembre

Nous plions bagage et quittons la salle de l’Art de Vivre. Direction le théâtre Toursky pour y déposer et y monter nos décors. Retour sur la scène qui nous a donné tant de plaisir avec Arturo Ui, un an auparavant. Ca y est, on sent physiquement que ça approche !

 

Lundi 24 décembre

C’est jour de pause pour les comédiens. Mais au théâtre Marie-Jeanne il y a l’après-midi rituelle « En attendant le Père Noël ». Le 25, c’est pause pour tout le monde !

 

Mercredi 26 décembre

Reprise des répétitions. On prend nos marques. On se recentre après les absences dues aux spectacles annexes du « mois des enfants ». La quinzaine passée a rarement vu tous les comédiens réunis en même temps : la réalité du métier ! Mais c’est dur lors d’un tel projet.

On répète des scènes isolées… Mais pas autant que prévu…

 

Jeudi 27 décembre

La journée est encore trop courte pour faire toutes les scènes initialement prévues.

L’angoisse monte : les décors sont loin d’être finis, les marionnettes ne sont pas encore habillées, tous les costumes ne sont pas livrés, il manque des perruques. Vincent (le régisseur de l’équipe) et moi commençons à nous interroger sur les solutions possibles à tous les problèmes techniques que nous pressentons ; parmi ceux-ci, le problème majeur, une nouveauté pour nous : la gestion du son amplifié (puisque les comédiens chantent en direct).

 

Vendredi 28 décembre

Séance maquillage le matin. Premier filage en condition (malgré les manques !) l’après-midi.

Le résultat est encourageant vu que l’on n’a pas pu tout revoir depuis la reprise en équipe complète.

Des coupes et des changements s’imposent pour des histoires de rythme. Une partie des angoisses s’évapore.

 

Samedi 29 et dimanche 30 décembre

On reprend en détail chaque chanson, chaque chorégraphie (dont on complète certaines qui n’ont pas pu être finies à cause des absences antérieures), chaque scène. Mais une fois encore le temps paraît trop court et certaines scènes passent à la trappe. Des angoisses reviennent juste avant la pause du Nouvel An…

 

Mercredi 2 janvier

Bonne Année !

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Maintenant ça ne plaisante plus ! Quand faut y aller, faut y aller. 14h : emploi du temps avec l’équipe technique enthousiaste et sympathique du Toursky pendant que les comédiens revoient, comme chaque jour, leurs chansons et chorégraphies.

On installe les pendrions, on réajuste le décor (qui n’est toujours pas fini, mais qui avance !), on fait le bilan de ce qui manque côté accessoires, costumes… Pas mal de choses… Mais ça semble avancer aussi !

Révision de quelques scènes problématiques, mais toujours pas assez de temps pour faire tout ce qu’il faudrait.

 

Jeudi 3 janvier

Le jour du problème number one : le son. La journée est dédiée à la sonorisation. Et là, miracle, l’angoisse majeure s’estompe peu à peu. Chaque problème semble trouver assez rapidement sa solution. A la fin de la journée toute en musique, en chant et en danse, il n’y a plus que quelques ombres minimes au tableau… Un sacré poids en moins. Demain on reprend les filages avec le son (pour ceux qui ne connaissent pas : filage = jouer en condition de spectacle, comme si le public était là, sans intervention du metteur en scène ou de la technique)

 

Vendredi 4 janvier

Journée noire. Répétition musique : on oublie les paroles, on se trompe dans la musique… Après-midi : premier filage avec la configuration scénique définitive et la technique son. Comment dire ? Une catastrophe… Un cataclysme… L’apocalypse… Non, j’exagère un peu. Mais on sent bien que l’échéance arrive, que tout ça devient très concret, que vous, le public, vous serez là pour de vrai dans une semaine, et même si on vous adore, ça fait flipper ! Donc on perd nos moyens ! Mais ne vous inquiétez pas, le père fouettard de metteur en scène va rectifier le tir !

 

Samedi 5 janvier

Une journée qui a commencé par un rassemblement studieux des comédiens sur le plateau pour que le cataclysme ne sévisse pas une deuxième fois ! Résultat : un filage qui commence à avoir de la gueule, même s'il y a encore des incidents qui ralentissent l'ensemble... On devrait pouvoir remédier au problème dès que l'on sera sûr de sa nature profonde ! On est sur la voie.

Côté décor, le puzzle prend forme. Côté costumes, accessoires, masques on se prend la tête mais on devrait finir par y arriver. A-t-on vraiment le choix ?

 

Dimanche 6 janvier

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas...

Ce dimanche restera le jour où on prend le taureau par les cornes et où on donne un coup de pied au cul du cheval ! Bref, le jour où il faut trouver vite des solutions définitives aux problèmes qui nous polluent l'existence depuis quelques temps.

Donc reprise en détails des scènes problématiques, changement du visuel de certains personnages peu convaincants jusqu'à présent, avances techniques côté décor et lumières et enfin un rendez-vous pris avec notre nouveau régisseur son qui a du pain sur la planche et qui n'a pas encore vu le spectacle !!

Résultat : un filage qui redonne du baume au coeur. Un spectacle qui commence à être digne de ce nom.

 

 

Lundi 7 janvier

Journée technique lumière. Une petite pause pour les comédiens !

 

 

Mardi 8 janvier

La commission de sécurité débarque au Toursky. Elle devait rester une heure, elle est restée presque tout l'après-midi. Impossible de faire un filage, pourtant indispensable... Dur, dur ! Bref, on a avancé côté technique son avec super Mathieu (Studio des Sirènes). Espérons qu'après un jour de pause et un jour de filage annulé, le rythme enfin trouvé dimanche ne nous aura pas quittés ! Reponse demain...

 

 

Mercredi 9 janvier

Angoisses ! Mathieu (régisseur son) n'est pas là quand nous arrivons, alors qu'il est censé être là depuis deux heures. Coup de téléphone angoissé. Il a eu un problème à gérer au studio. Il arrive, nouvelles mises au point du son (décidément, c'est pas simple cette histoire !) : tout est quasiment ok. Les angoisses s'en vont.

Côté lumière, on décide de faire pas mal de réglages en direct pendant le filage, en espérant que ça ne perturbera pas trop le rythme.

Filage prévu à 14h. Mais on nous annonce que France 3 va venir faire un reportage sur Cavale... à 15h ! Bonne nouvelle pour nous, et en même temps chamboulement de l'emploi du temps déjà serré (notamment à cause de la commission de la veille). Le reportage se passe très bien, équipe sympathique.

16h30 : on relance la machine. 16h53 : début du filage. Le rythme retombe comme je le craignais après deux jours sans jeu et la technique lumière qui ne suis pas toujours le jeu. Mais bon, on sait que c'est un incident momentané.

A vue de nez, préparez-vous à 2h10 de spectacle. Mais on fait tout pour que ces 2h10 vous paraissent ne durer qu'une heure trente !

 

 

Jeudi 10 janvier

Générale catastrophe. Une régie lumière faite à la volée, des comédiens troublés qui perdent leurs moyens, quelques spectateurs qui ont dû se demander ce qu'ils venaient de voir... Moralité : une nuit d'insomnie pour le metteur en scène et fort agitée pour l'ensemble de l'équipe !

Vendredi 11 janvier

Le grand jour.

Voilà un an que nous travaillons sur ce projet. Encore quelques heures à suer !

Première tâche (pendant que Cédric finit d’habiller les marionnettes et que Mathieu finit des éléments du décor) : faire une régie lumière digne de ce nom. En avant ! Deux heures pour mettre en boîte simplement le prologue (je ne vous dis pas combien d'effets lumière il y a en sept minutes mais je crois qu'on frise le record mondial !). Moralité la régie lumière sera finie à... 20h00 ! Ouverture des portes à 20h30 !

Juste le temps de distribuer leur homeovox aux comédiens et leur mettre un petit coup de propolis au fond de la gorge et nous voilà sur la scène à faire notre petit rituel. Pas vraiment le temps d'angoisser finalement !

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Il est 4h30 du matin et tout ça paraît déjà très loin. Cette soirée exceptionnelle nous a fait oublier toutes les angoisses, tous les problèmes.

Merci à tous ceux qui sont venus nous soutenir. Merci pour vos applaudissements chaleureux. Merci pour vos sourires, vos embrassades, vos yeux brillants d'après spectacle. C'est pour vous qu'on a fait tout ça et c'est vous qui nous récompensez en nous donnant notre part de bonheur.  

Merci à Richard Martin pour son accueil de trois semaines dans sa maison pour nos répétitions. Merci pour son émotion, sa fraternité. Merci pour sa confiance et ses encouragements à faire très vite un nouveau spectacle. Merci pour ses mots sur Léo.

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23.12.2007

JEU DE CONSTRUCTION