06.08.2007

UNE REPETITION TYPE

Après un mois de Festival d'Avignon et le grand succès de

ARTURO UI, FARCE BOUFFONNE...

Voici un petit condensé des dernières séances de recherche sur les personnages et les chansons de notre CAVALE.

En attendant la reprise... le 3 septembre !


05.03.2007

COMMENT CA S'EST PASSE ?

PREMIERE SEMAINE DE TRAVAIL : PREMIERES IMPRESSIONS

medium_sylvain.6.jpgSYLVAIN

"Ca y est, nous avons commencé les répétitions !

Ca fait dix ans que je travaille avec Patrick. Le plaisir et l'excitation sont toujours là, et bien que certains exercices me semblent familiers, j'ai encore de nouvelles choses à explorer.

D'autre part, il y a de nouveaux partenaires sur le plateau et ça contribue au plaisir de découvrir, d'être surpris et de surprendre.

Cette première semaine se passe très bien.

Nous apprenons à nous connaître un peu mieux (pour ma part, je connais plus ou moins tout le monde) : du coups nous déconnons pas mal pendant les pauses, étape nécessaire pour pouvoir ensuite se faire confiance et montrer notre capacité à nous concentrer.

Affaire à suivre... Je suis patient, mais vivement la suite du programme des réjouissances !"

 

medium_marianne.3.jpgMARIANNE

"Bon, cette première semaine s'annonce plutôt bien : la plupart des répétitions ne commencent qu'à 19h. Je vais pouvoir dormir un peu.

Qui sont tous ces gens ? Bon, je les connais quand même un peu. On boit le thé, on fume, on rigole, on rigole ! (je dois le dire : les blagues sont d'un haut niveau) Et puis allez, au boulot !!

Echauffement : j'ai un peu mal aux cuisses et aux mollets mais je me tais... Improvisations : qu'est-ce qu'on bouge ! C'est bien, ça va me dérouiller.

On prend le métro, je fais la mouche, je joue au ping-pong, je mets du coton dans le masque et je rigole !! C'est pas beau la vie ?

Va falloir qu'on se supporte, mais c'est plutôt bien parti. Ce n'est pas surprenant, nous sommes tous très intelligents et très bons ! A part peut-être... oui, enfin bon... je ne vais pas commencer, ça va durer un an, cette histoire !

Vivement la suite !"

 

medium_fred.3.jpgFRED

"Mon premier contact avec les masques en cuir a eu lieu en 1996 ou 1997. C'était lors d'un stage sur le demi masque animé par Patrick.

En support de travail, les stagiaires devaient apprendre une scène du Songe d'une Nuit d'Eté de Shakespeare, un dialogue entre Obéron et Titania. Au moment de donner la réplique à ma Titania, j'ai choisi de poser le masque noir, le "Pantalone" - moi, je l'appelle l'Aubergine, c'est plus joli ! - et un personnage est apparu : ondulant, sifflant tel le serpent. Du moins c'est le souvenir que j'en ai.

Depuis j'ai souvent croisé ces masques sans jamais les poser. Jusqu'à cette première semaine de recherche pour Cavale.

J'ai encore choisi l'Aubergine, par nostalgie, et aussi pour savoir si ce personnage-serpent allait à nouveau faire surface. Et bien pas du tout ! Un Pantalone presque conventionnel et à la langue pendante a émergé...

A ce moment, j'ai senti que le temps avait passé, que mon expérience en jeu masqué avait, étrangement, faussé ma créativité pour ainsi donner naissance à ce personnage si convenu.

Alors j'ai mis de côté mes jugements pour me plonger dans le travail car cela n'était pas le plus important.

L'important, c'est ce qui est à venir..."

 

medium_seb.4.jpgSEB

"Voilà la première semaine de travail ! Ca fait bizarre d'appeler ce truc qui t'éclate du travail !

Ca se passe relativement bien vu du plateau, en ce qui me concerne, en tout cas. On fait connaissance les uns avec les autres et, pour moi, un peu avec moi-même.

Le jeu masqué est un réel plaisir. Le masque que j'ai choisi (la Mort) m'inspirait vraiment. Même si une fois la spontanéité de la première improvisation passée, j'ai un peu ramé dans la suivante pour retrouver cet état si agréable où on a l'impression que c'est le masque qui dirige et qu'on se laisse porter.

Moralité : le masque, c'est comme le vélo, des fois y'a pas besoin de pédales, ça va tout seul, mais faut quand même regarder la route !

PS : apparemment le metteur en scène fait du chien de traîneau pendant son temps libre !!"

 

medium_caro.3.jpgCARO

"Tenue neutre (noire) et collant sur la tête, nous reprenons tout depuis le début.

Concentration. Regard partenaire/public. Se re-familiariser avec les règles de l'improvisation. Puis nous avons posé les demi masques. Autant dire que ça n'a pas été une mince affaire pour moi. Monsieur Harold (mon clown) et Javelle (mon bouffon) revenaient au galop et ne laissaient que peu de place à cette nouvelle venue que j'avais nommé Fustine.

Ce masque s'inspirant fortement de l'Arlequin de la Commedia dell'Arte, j'avais du mal à traduire l'énergie positive qu'il dégage. Je réfléchissais trop. problème de placement de la voix. Démarche pas assez souple. Bref, j'ai galéré. Je n'aime pas être en situation d'échec et j'aime encore moins ne pas m'amuser sur le plateau. Heureusement la dernière séance a été moins douloureuse ; le masque me portait.

Nous avons fini dimanche 14 janvier au soir en improvisant avec des personnages inspirés d'animaux. Et me voilà soudain paon euphorique !

Prochaine étape en février pour partir à la découverte de nos personnages dans la pièce."

 

medium_mag.4.jpgMAG

"Enfin la belle aventure vient de commencer !

Depuis que Patrick m'a parlé du projet au mois d'août, j'attendais le début des répétitions avec grande impatience. V'là, on y est !

On se met à nu, on cherche, on se trompe, on a peur, mais l'essentiel c'est qu'on y aille, qu'on se jette.

J'ai rencontré Patrick et l'équipe de Sam Harkand & Cie voilà deux ans, alors que je participais à un stage de clown. Et quelle découverte ! Une porte s'est ouverte... et alors que j'étais en train de pêcher, tranquille à la Ciotat, j'ai reçu un coup de fil de Patrick qui me disait simplement : "Viens, j'ai à te parler".

Et me voilà embarquée pour ce voyage. Et je n'ai qu'une envie : faire mes bagages pour partir le plus loin possible avec tous les voyageurs !"

19.02.2007

QUELS COMEDIENS FERONT PARTIE DE L'AVENTURE ?

medium_sylvain.3.jpgPar les temps qui courent il devient dur pour un interprète de s’engager sur le long terme dans une aventure de ce type : un travail d’un an avec peu de moyens de rémunérations, un régime d’intermittence du spectacle qui bât de l’aile et devient de plus en plus complexe à renouveler, une compagnie comme la nôtre qui n’a, après bientôt 17 ans d’existence, encore reçu aucune subvention d’aide à la création ou au fonctionnement de la compagnie et du théâtre.

 

Une fois la proposition de Richard Martin acceptée (c’est-à-dire à peu près une seconde et demi après la fin de sa question…) j’ai logiquement interrogé l’équipe des comédiens de la création précédente (Arturo Ui, Farce Bouffonne) pour savoir qui souhaitait faire partie de cette nouvelle aventure.

 

medium_fred.jpgSylvain Mouly m’avait déjà dit « oui » pour le projet jeune public qui devait avoir lieu avant Cavale. C’est donc logiquement qu’il a dit « oui » à cette création-là.

 

Frédérique Souloumiac, Caroline Puyet et Isabelle Pan ont également dit « oui », même si cette décision demande évidemment des sacrifices.

 

Cédric Pera, lui, comme il l’avait déjà sous-entendu au fil de discussions, en est à un point où il sent la nécessité de creuser ses projets personnels dans ce qui est son premier métier : l’illustration et la bande-dessinée. Il met sa carrière de comédien en stand-by tout en continuant à suivre Arturo Ui et en participant à ce projet du côté technique (costumes, masques, marionnettes, perruques et communication).

 

medium_caro.jpgNous étions alors mi-juillet 2006 et il me fallait trouver deux personnes, puisque pour ce spectacle il me faut six comédien(ne)s.

 

J’avais, bien entendu, déjà des personnes en tête avec qui j’avais déjà travaillé.

 

Le premier en liste a été Sébastien Dehaye. Il avait participé à plusieurs de mes stages de clown, j’appréciais sa manière de travailler et son univers. Il faisait partie du projet cabaret sous chapiteau au moment des balbutiements su projet Cavale. C’est donc tout naturellement que je me suis retourné vers lui. La proposition tombe alors qu’il est devenu quelqu’un de très occupé, mais le jeu semble en valoir la chandelle de son côté ; en tout cas du mien, les aménagements d’emploi du temps seront faits sans hésitation.

medium_seb.jpg

Est venue ensuite le tour de Mathilde Mandel qui avait déjà participé à trois créations avec Sam Harkand & Cie (Le Misanthrope, Pataquès et Baraques de Clowns, La Légende du Grand Imaginateur). Elle a d’abord dit oui, puis au fil de l’été les doutes sur sa situation, ses envies, ses aspirations personnelles ont grandi et elle a fini par se rétracter en septembre ne pensant pas pouvoir s’investir sur un projet de cette ampleur sans fragiliser sa situation de comédienne.

 

Dans la foulée, Isabelle Pan a suivi le même chemin. Après six ans de travail avec la compagnie, un investissement évident dans la compagnie et un projet qui continue (Arturo Ui et ce qui en découle), elle a ressenti le même besoin que Cédric : se ressourcer en faisant d’autres choses en dehors de la compagnie.

 

Septembre 2006 : me voilà donc à la rentrée avec quatre comédiens sur six…

 

medium_mag.jpgJe décidais donc d’essayer d’adapter le projet pour cinq comédiens, car dans la liste des gens avec qui j’avais envie de prolonger une collaboration il ne restait plus qu’une personne : Magali Bazart. J’aime sa personnalité, son énergie dans le travail masqué. Nous nous sommes connus, comme Sébastien, à travers le travail de clown que nous poursuivons en ce moment. Son enthousiasme à s’engager dans le projet m’a consolé des désistements passés.

 

Mais au court de l’écriture et du début de travail sur la musique, je me rendais compte que le projet risquait d’être bancal sans une sixième personne. Mais je me suis imposé la patience et les rencontres de ce début d’année avec d’autres comédiens au fils de stages que je devais animer.

 

Mais c’était sans compter sur la providence !

 

C’est lors d’une soirée chez Isabelle Pan que j’ai fait la proposition à Marianne Fontaine.

 

medium_marianne.jpgJ’ai travaillé avec elle une année en atelier jeu masqué et cabaret il y a environ une dizaine d’années. Nous nous étions ensuite perdus de vue. Nous nous sommes retrouvés en juillet 2005 lors du festival d’Avignon où j’ai découvert un spectacle que j’ai adoré et programmé au théâtre Marie-Jeanne cette saison : Cabaret Desnos où elle partageait la scène avec Nini Dogskin.

C’est à la suite de cette programmation que Marianne et Nini étaient invitées chez Isabelle.

 

En fin de soirée, alors que je parlais de mon problème de distribution sur Cavale avec Isabelle et de mon envie d’avoir quelqu’un qui sache jouer du piano, Marianne est passée entre nous et je lui ai lancé :

- Tu ne jouerais pas du piano par hasard ? 

Déroutée par ma question, ne sachant pas trop si elle devait répondre sérieusement ou pas, elle a glissé un

- Oui... hésitant et j’ai enchaîné : 

- Ca te dirait de faire partie de la prochaine création de Sam Harkand & Cie ? 

 

Bon, je n’ai pas profité de l’ébriété de fin de soirée pour la faire signer ! Nous avons pris un rendez-vous pour en discuter à tête reposée. Puis après une période de réflexion, j’ai été tout a fait heureux d’entendre son « oui ».

 

Nous voilà donc au complet.

 

Nous avons un an pour réaliser ce projet alliant jeu masqué, marionnettes, musique et chant en direct et danse.

 

Nous avons un an avec toutes les obligations que le métier nous impose : travailler sur d’autres créations pour pouvoir vivre et répéter la prochaine en même temps. L’emploi du temps est un vrai casse-tête, surtout quand on se rend compte que certaines personnes de l’équipe risquent de perdre leurs indemnités d’intermittent en cours de projet !

 

Mais il paraît que c’est ça, la vie d’artiste.

 

Alors accrochons-nous pour vous offrir le plus beau spectacle possible en janvier prochain !