21.05.2007

3e SESSION DE RECHERCHE

Mercredi 24 avril, 10h, théâtre Marie-Jeanne.

C'est reparti pour une troisième session de travail. Cette fois-ci, au centre de nos préoccupations : les personnages.

Le personnage est le coeur de l'action. C'est lui qui donne toute son épaisseur, toute son originalité à la situation. Pour qu'il soit crédible, il faut qu'il ait une identité visuelle forte, mais également une vraie histoire.

A travers diverses situations d'improvisation, nous nous sommes attachés à leur créer un passé, un rapport entre eux, une identité. Ainsi, à la rentrée, quand nous aborderons le texte écrit, ces personnages le nourriront de leur originalité. Il est temps que nous commencions à vous les dévoiler.

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Aujourd'hui, leur carte d'identité, en bref, et la fois prochaine vous les verrez en action... et, si vous êtes sages, que vous nous laissez plein de commentaires pour nous encourager dans ce sens (!) nous vous montrerons même les premiers croquis de Cédric Péra, maître Es-costumes !

c6103ed6f9205e6bc65b3e9d505d201a.jpgYORIS

C'est le meneur de revue. Dans le pays d'où ils viennent tous, il travaillait dans le cabaret itinérant de Bipo Clonvaz. Son charisme, sa sensualité, son ambiguïté aussi, en font le chef naturel de ce groupe. Il a une relation toute particulière avec Wilma. En a-t-il eu une avec les deux soeurs ? Le doute plane encore. Aurait-il également un faible pour Lifar ? Difficile à dire, difficile à réfuter. Même s'il use d'une autorité parfois excessive avec Bom, il n'en a pas moins une tendresse toute amicale pour lui.

 

FELLULA et SUZILA9d9963ac96780f6a3127077d6a22a8e9.jpg37f1a0e5fe52eac4e69b7788e93521e1.jpg

Les soeurs jumelles inséparables travaillaient, elles aussi, dans le cabaret de Bipo. Elles sont danseuses... et plus, si affinité. Sont-elles vraiment jumelles ou les a-t-on trouvées, enfants, le même jour au bord d'une route, tous les témoignages ne concordent pas... Suzila s'est de toute façon imposée dans le rôle de la soeur aînée. Elles sont toujours en train de se chamailler, mais font bloc dès que quelqu'un menace l'une des deux. Elles admirent Yoris, aimeraient bien décoincer Lifar, et réconfortent occasionnellement le vieux Bom.

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WILMA 9a4749eedd97a50b8c87b74a5a90df34.jpg

Wilma était dompteuse de fauves dans le cirque Amantillado. Depuis la cavale organisée, il a bien fallu qu'elle adapte son numéro - voyager avec des fauves, ce n'est pas ce qu'il y a de plus discret. Elle est à présent dompteuse de furets. Ces petits animaux donnent beaucoup de fil à retordre à Bom qui est chargé de veiller sur eux. C'est l'aînée de la troupe, après Bom. Elle est d'un naturel autoritaire et d'une sensualité qui a fait ses preuves. Sa relation est assez électrique avec les deux soeurs, car elle essaie de garder son statut de femelle dominante.

 

0646713c72b7ea419d0849d481bc116f.jpgLIFAR

C'est le dernier venu dans la troupe. Il a connu tous les autres juste quelques heures avant le départ fatidique de leur pays d'origine. Il était jongleur et acrobate dans un cirque. C'est un peu l'intellectuel de la bande. Toujours un peu pincé, sur la réserve, il a du mal à vivre les avances incessantes des deux soeurs. Yoris et Wilma ne sont pas de reste sur ce terrain-là. Tout le monde le trouve un peu coincé, mais tel est Lifar, l'artiste imperturbable, précieux, et soucieux de son image : toujours en décalage avec son entourage.

 

BOM 8a294dea9822fd2f39a5dbebfa0a5c04.jpg

Le vétéran de la troupe a fait un peu tous les métiers ; le dernier en date était commis dans une taverne. Mais de son histoire on n'a jamais su grand chose car Bom est un peu le loup des steppes : sombre, solitaire, traînant avec lui on ne sait quoi d'un lourd passé. Il est devenu l'homme à tout faire de la troupe : il aime rendre service à tout prix ; c'est sa manière d'exister. Mais ça ne l'empêche pas de râler dès qu'il a quelque chose à redire ; dans ces cas-là, il est plutôt du genre à parler tout seul qu'à affronter son interlocuteur en face.

Ces six acolytes se sont connus alors que le cabaret des uns et le cirque des autres battaient de l'aile. Ils ont décidé de s'associer, puis de quitter ensemble leur pays, sous le nom de Cabaret Amantillado.

10.05.2007

CAVALE : LE SPECTACLE

POURQUOI "LE CABARET GROTESQUE" ?

C'est pour aiguiller les spectateurs sur la forme qu’aura le spectacle.

C'est un spectacle de théâtre mais qui emprunte à d'autres formes: on y chante, on y joue de la musique, on y danse, on y joue la comédie, on y donne vie à des marionnettes, bref, on se retrouve un peu au cabaret.

Pour ce qui est du "grotesque", c'est le mode d'expression de Sam Harkand & Cie depuis longtemps, sa marque de fabrique. Pour ceux qui ne situeraient pas bien ce que peut être le grotesque, c'est une forme artistique entre comédie et tragédie, entre le rire et la mort. Tout un programme !

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ALORS POURQUOI CETTE FORME THEATRALE ?

medium_kw-bb1_450_1_.jpgUne forme légère pour un sujet qui l'est moins (voir note "Cavale : l'histoire" dans la catégorie "Ecriture" sur ce blog).

J'ai voulu ce spectacle dans la tradition brechtienne de l'Opéra de quat'sous ou d'autres de ses spectacles musicaux en collaboration avec Kurt Weill.

Chez Brecht le spectateur n'est pas un simple consommateur de représentation, mais un observateur qui, en se divertissant, déchiffre un message politique. Sans sa participation active, la représentation n'a pas lieu.

Brecht a une façon épique de raconter une histoire au public. Il n'y a pas de continuité réaliste, mais une succession de tableaux avec des sauts dans le temps, les commentaires d’un personnage déclamés ou chantés, des apartés au public : tout est là pour mettre en évidence les mécanismes de la fable. C'est ce qu'il a appelé la théorie de la distanciation.

"Distancier, c'est transformer la chose qu'on veut faire comprendre, sur laquelle on veut attirer l'attention, de chose banale, connue, immédiatement donnée, en une chose particulière, insolite, inattendue. Pour passer d'une chose connue à la connaissance de cette chose, il faut la tirer hors de sa normalité et rompre avec l'habitude que nous avons de considérer qu'elle se passe de commentaire." (B. Brecht)

 

IL VA DONC Y AVOIR UNE LARGE PLACE DONNE A LA MUSIQUE ?

Disons que la musique fera partie intégrante du spectacle. Elle sera présente en accompagnement de l'action, dans certaines transitions entre les scènes, et des chansons viendront servir de commentaire à la situation jouée.

Attention, il ne va pas y avoir un big band sur scène ! Nous allons réorchestrer, ré-arranger les morceaux pour quelques instruments, avec ce que chaque comédien maîtrise de la musique. Il n'est pas question de se prendre pour des virtuoses ! C'est un spectacle de théâtre avant tout, joué par des comédiens qui se trouvent également jouer d'un instruments : certains sont débutants, d'autres très à l'aise.

Nous avons un musicien qui travaille avec nous : il fait les arrangements des morceaux et fait travailler les comédiens. Nous avons commencé à travailler avec Sébastien Smither (qui était le metteur en sons d'Arturo Ui, Farce Bouffonne et le compositeur de spectacles antérieurs). Pour des raisons de disponibilités, il a laissé sa place à Richard Rozenbaum qui n'est pas un inconnu pour nous puisqu'il était le collaborateur de Sébastien sur nos projets antérieurs (Le Misanthrope, la Légende du Grand Imaginateur).

"RE-ARRANGER LES MORCEAUX" ?

Oui, j'ai pris des chansons existantes et j'ai traduit les paroles en français, pour les chansons anglaises. Chacune des chansons est revisitée. L'idée est de pratiquer la distanciation y compris sur les chansons. Ce sont des chansons très connues (bon, particulièrement pour ma génération !...) et il fallait que le public ré-entende bien les paroles. Donc nous avons changé les contextes musicaux et travaillé sur une interprétation spécifique pour chaque personnage.

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Je peux dores et déjà vous dire quelles seront ces chansons :

People are strange (the Doors) rebaptisée "l'Etranger", Sweet Transvestite (du Rocky Horror Picture Show) rebaptisée "le Maître du Monde" (de celle-ci nous n'avons gardé que la mélodie et l'ambiance ; j'ai changé les paroles), Ma petite Entreprise (Alain Bashung), Material Girl (Madonna) rebaptisée "Fille de Luxe", Foule Sentimentale (Alain Souchon), Argent trop Cher (Téléphone) et Thank You Satan (Léo Ferré).

Bientôt vous entendrez et verrez ici les débuts de ce travail musical...