10.05.2007
CAVALE : LE SPECTACLE
C'est pour aiguiller les spectateurs sur la forme qu’aura le spectacle.
C'est un spectacle de théâtre mais qui emprunte à d'autres formes: on y chante, on y joue de la musique, on y danse, on y joue la comédie, on y donne vie à des marionnettes, bref, on se retrouve un peu au cabaret.
Pour ce qui est du "grotesque", c'est le mode d'expression de Sam Harkand & Cie depuis longtemps, sa marque de fabrique. Pour ceux qui ne situeraient pas bien ce que peut être le grotesque, c'est une forme artistique entre comédie et tragédie, entre le rire et la mort. Tout un programme !
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ALORS POURQUOI CETTE FORME THEATRALE ?
Une forme légère pour un sujet qui l'est moins (voir note "Cavale : l'histoire" dans la catégorie "Ecriture" sur ce blog).
J'ai voulu ce spectacle dans la tradition brechtienne de l'Opéra de quat'sous ou d'autres de ses spectacles musicaux en collaboration avec Kurt Weill.
Chez Brecht le spectateur n'est pas un simple consommateur de représentation, mais un observateur qui, en se divertissant, déchiffre un message politique. Sans sa participation active, la représentation n'a pas lieu.
Brecht a une façon épique de raconter une histoire au public. Il n'y a pas de continuité réaliste, mais une succession de tableaux avec des sauts dans le temps, les commentaires d’un personnage déclamés ou chantés, des apartés au public : tout est là pour mettre en évidence les mécanismes de la fable. C'est ce qu'il a appelé la théorie de la distanciation.
"Distancier, c'est transformer la chose qu'on veut faire comprendre, sur laquelle on veut attirer l'attention, de chose banale, connue, immédiatement donnée, en une chose particulière, insolite, inattendue. Pour passer d'une chose connue à la connaissance de cette chose, il faut la tirer hors de sa normalité et rompre avec l'habitude que nous avons de considérer qu'elle se passe de commentaire." (B. Brecht)
IL VA DONC Y AVOIR UNE LARGE PLACE DONNE A LA MUSIQUE ?
Disons que la musique fera partie intégrante du spectacle. Elle sera présente en accompagnement de l'action, dans certaines transitions entre les scènes, et des chansons viendront servir de commentaire à la situation jouée.
Attention, il ne va pas y avoir un big band sur scène ! Nous allons réorchestrer, ré-arranger les morceaux pour quelques instruments, avec ce que chaque comédien maîtrise de la musique. Il n'est pas question de se prendre pour des virtuoses ! C'est un spectacle de théâtre avant tout, joué par des comédiens qui se trouvent également jouer d'un instruments : certains sont débutants, d'autres très à l'aise.
Nous avons un musicien qui travaille avec nous : il fait les arrangements des morceaux et fait travailler les comédiens. Nous avons commencé à travailler avec Sébastien Smither (qui était le metteur en sons d'Arturo Ui, Farce Bouffonne et le compositeur de spectacles antérieurs). Pour des raisons de disponibilités, il a laissé sa place à Richard Rozenbaum qui n'est pas un inconnu pour nous puisqu'il était le collaborateur de Sébastien sur nos projets antérieurs (Le Misanthrope, la Légende du Grand Imaginateur).
"RE-ARRANGER LES MORCEAUX" ?Oui, j'ai pris des chansons existantes et j'ai traduit les paroles en français, pour les chansons anglaises. Chacune des chansons est revisitée. L'idée est de pratiquer la distanciation y compris sur les chansons. Ce sont des chansons très connues (bon, particulièrement pour ma génération !...) et il fallait que le public ré-entende bien les paroles. Donc nous avons changé les contextes musicaux et travaillé sur une interprétation spécifique pour chaque personnage.
Je peux dores et déjà vous dire quelles seront ces chansons :
People are strange (the Doors) rebaptisée "l'Etranger", Sweet Transvestite (du Rocky Horror Picture Show) rebaptisée "le Maître du Monde" (de celle-ci nous n'avons gardé que la mélodie et l'ambiance ; j'ai changé les paroles), Ma petite Entreprise (Alain Bashung), Material Girl (Madonna) rebaptisée "Fille de Luxe", Foule Sentimentale (Alain Souchon), Argent trop Cher (Téléphone) et Thank You Satan (Léo Ferré).
Bientôt vous entendrez et verrez ici les débuts de ce travail musical...
15:00 Publié dans Mise en scène | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note






Commentaires
C'est muy bien ce blog et de s'instruire à l'avance. En plus, ça fait patienter les futurs spectateurs.
Mais aurez-vous l'autorisation de monter un spectacle sans Mireille Mathieu, Enrico et quelques autres soutiens de notre nouveau chef à vie ?
Ecrit par : Poire Williams | 10.05.2007
J'aime bien FOULE SENTIMENTALE et MA PETITE ENTREPRISE...
Je suis une Entreprise Foulement Sentimentale à moi toute seule et peut être un peu Petite... (EFSP comme on dit).
Quant au Grotesque, encore mieux ! j'y travaille assidûment moi-même avec mes petits camarades.... je dois dire que c'est plaisant. Au secours, j'ai peur !
Suis contente d'être sur la même longueur d'ondes que la planète SAM HARKAND !
et pourtant je ne suis pas "zanzi-barrée" !
peut être à la rigueur une zanzibarette, et encore ? faut bien y regarder à deux fois.
Ecrit par : zanzibar | 10.05.2007
Mais où donc a disparu Nenufar ? Quelqu'un a des nouvelles ? Zanzibar, peut-être ? J'ai peur que Nenufar ait été happé(e) dans les géôles sarkozistes, comme ça a pu arriver à quelques-un(e)s) qui criaient trop fort.
Le temps de la patience est venu, mais, je vous en prie, Nenufar, où que vous soyez, rassurez-nous... Faites entendre votre musique sur les blogs samharkandiens... (ou bien il faut dire samharkandesques ?).
Ecrit par : Black Bush | 11.05.2007
Je ne suis pas en effet un simple consommateur de représentation. S'agissant de cabaret, j'espère bien consommer aussi une boisson gazeuse (ou pas). Hihi !
Le plus gros danger que je vois, c'est qu'on se lasse d'observer le monde, ce monde qui vire à droite et de plus en plus libéral et individualiste, et qu'on se rassure en observant, à la place, la représentation théâtrale, qui remplace notre révolte ultra-légitime, alors qu'en vérité le théâtre devrait seulement aider, contribuer à l'observation du monde. Et puis merde !
Ne désespérons jamais... Courage à vous, courage à nous.
Ecrit par : Poire Williams | 12.05.2007
hein quoi quesse, un admirateur ?
rassurez-vous, Black Bush, mais je pars souvent en voyage...
Ecrit par : Nenufar | 13.05.2007
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