14.03.2007

ECRITURE : 1ERE EPOQUE

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Mardi 4 juillet 2006.

Le jour de mes 40 ans. Richard Martin me propose une co-production avec le théâtre Toursky. Quel plus beau cadeau pouvait-on me faire ?

Le compte à rebours est lancé : j'ai un an et demi pour écrire cette pièce. Mais quand je regarde mon emploi du temps de la saison à venir, j'ai quelques sueurs froides. Il faut donc que je m'y mette sur le champ.

L'excitation est là. L'envie aussi. Je rassemble toutes les notes que j'ai accumulées ces dernières années en vue de cette pièce. Et, acte symbolique, j'achète LE cahier qui servira à rassembler tout ça de manière plus sélective.

Mais des évènements inattendus et peu sympathiques me retiennent tout le mois de juillet au théâtre Marie-Jeanne. Impossible d'avoir la tête suffisamment disponible pour l'écriture. J'ai une gros problème : pour moi impossible d'écrire si je ne m'y donne pas de amnière exclusive. Gérer les affaires courantes, dénouer les problèmes et faire travailler mon imagination en même temps ? Non, décidément, mon cerveau n'est pas entraîné à ça.

Alors que faire ? Remettre ça au mois d'août ? Pas raisonnable. Après la saison que je viens de vivre, quelques semaines de pause me sont indispensables. Ce sera donc pour septembre. Une seule semaine semble propice... C'est déjà ça ! C'est donc décidé : j'irai écrire à Paris. Je prends mon billet de TGV.

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Lundi 25 septembre 2006.

Arrivée à Paris. Direction Montmartre. Station Lamarck-Caulincourt. Quel meilleur endroit à Paris que Montmartre pour écrire ?

Je m'installe dans l'appartement où je serai seul pendant deux jours. Je sors mes feuilles volantes, mon cahier, mes documents pris sur internet, des magazines et journaux dont les articles ou reportages ont retenu mon attention... Je crée mon espace, si important pour me laisser porter par l'inspiration.

Cette semaine sera surtout dédiée à faire le tri de mes idées. Surtout ne pas partir sur trop de détails. Isoler le thème central. Ensuite je me donne pour objectif de finir la semaine avec un plan détaillé de la pièce - une sorte de casier à idées - et de commencer à écrire deux ou trois tableaux.

Les deux premiers jours, je suis pris d'une frénésie qui m'étonne moi-même. Si je continue comme ça, je vais dépasser mes objectifs ! C'est-à-dire que soudain je découvre qu'une journée peut-être suffisamment longue lorsqu'on n'a qu'une seule tâche à accomplir... Ce qui est rarement le cas le reste du temps pour moi !

Mais évidemment, le troisième jour ça commence à coincer. Je me rends compte à quel point j'ai du mal à choisir l'axe principal de ce que je veux raconter - tant de choses m'ont scandalisé ces dernières années. Du coup, plus j'avance dans mon découpage, plus les casiers à idées deviennent des fourre tout. Les idées se brouillent. L'angoisse me gagne et l'optimisme de la veille fait place à un pessimisme tout aussi intense qui me fait me dire qu'avec l'année qui m'attend, il me sera impossible d'écrire une pièce digne de ce nom. Je regarde mon agenda et là c'est la crise : je n'ai pas deux jours de libres d'affilé d'ici les vacances de Noël !

Une bonne nuit de sommeil et l'optimisme revient. La semaine va porter les fruits que j'avais imaginés.

 

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Mardi 3 octobre 2006.

Je rentre à Marseille avec les idées plus claires, un plan précis pour Cavale, un thème enfin défini, une liste définitive de personnages et trois tableaux écrits (premeir jet). De quoi m'apaiser durant la période de travail intense que sera cette première partie de saison.

De quoi parlera donc Cavale, le Cabaret grotesque ?

C'est l'histoire de six saltimbanques, certains venant du cabaret, d'autres du cirque. Ils ont décidé de fuir leur pays (qu'ils ne nommeront jamais) parce qu'ils y étaient en danger. Ils ont décidé de se réfugier en France, pays de culture, de liberté, l'égalité et de fraternité. Ils vont donc de jouer leur histoire en théâtre, danses et chansons, avec masques et marionnettes.

Leur histoire traite de la manipulation de toute une population par le pouvoir de l'image et par la dépendance à l'argent.

Toute ressemblance avec des personnes et des évènements ayant existé ne sera pas fortuite.

Patrick Rabier

Commentaires

Whaou! super intéressant...

Ecrit par : zaza | 14.03.2007

ça n'a pas l'air comme ça, mais c'est du boulot la création !

Ecrit par : k-rose | 24.03.2007

Et je te f'rai dire, Zaza, que si tu mettais ton url quand tu postes un comm, ça te ferait un peu de visite chez toi...

Ecrit par : k-rose | 24.03.2007

ha oui... lavé pain compris.... Meurci

Ecrit par : zaza | 02.04.2007

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