19.02.2007

QUELS COMEDIENS FERONT PARTIE DE L'AVENTURE ?

medium_sylvain.3.jpgPar les temps qui courent il devient dur pour un interprète de s’engager sur le long terme dans une aventure de ce type : un travail d’un an avec peu de moyens de rémunérations, un régime d’intermittence du spectacle qui bât de l’aile et devient de plus en plus complexe à renouveler, une compagnie comme la nôtre qui n’a, après bientôt 17 ans d’existence, encore reçu aucune subvention d’aide à la création ou au fonctionnement de la compagnie et du théâtre.

 

Une fois la proposition de Richard Martin acceptée (c’est-à-dire à peu près une seconde et demi après la fin de sa question…) j’ai logiquement interrogé l’équipe des comédiens de la création précédente (Arturo Ui, Farce Bouffonne) pour savoir qui souhaitait faire partie de cette nouvelle aventure.

 

medium_fred.jpgSylvain Mouly m’avait déjà dit « oui » pour le projet jeune public qui devait avoir lieu avant Cavale. C’est donc logiquement qu’il a dit « oui » à cette création-là.

 

Frédérique Souloumiac, Caroline Puyet et Isabelle Pan ont également dit « oui », même si cette décision demande évidemment des sacrifices.

 

Cédric Pera, lui, comme il l’avait déjà sous-entendu au fil de discussions, en est à un point où il sent la nécessité de creuser ses projets personnels dans ce qui est son premier métier : l’illustration et la bande-dessinée. Il met sa carrière de comédien en stand-by tout en continuant à suivre Arturo Ui et en participant à ce projet du côté technique (costumes, masques, marionnettes, perruques et communication).

 

medium_caro.jpgNous étions alors mi-juillet 2006 et il me fallait trouver deux personnes, puisque pour ce spectacle il me faut six comédien(ne)s.

 

J’avais, bien entendu, déjà des personnes en tête avec qui j’avais déjà travaillé.

 

Le premier en liste a été Sébastien Dehaye. Il avait participé à plusieurs de mes stages de clown, j’appréciais sa manière de travailler et son univers. Il faisait partie du projet cabaret sous chapiteau au moment des balbutiements su projet Cavale. C’est donc tout naturellement que je me suis retourné vers lui. La proposition tombe alors qu’il est devenu quelqu’un de très occupé, mais le jeu semble en valoir la chandelle de son côté ; en tout cas du mien, les aménagements d’emploi du temps seront faits sans hésitation.

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Est venue ensuite le tour de Mathilde Mandel qui avait déjà participé à trois créations avec Sam Harkand & Cie (Le Misanthrope, Pataquès et Baraques de Clowns, La Légende du Grand Imaginateur). Elle a d’abord dit oui, puis au fil de l’été les doutes sur sa situation, ses envies, ses aspirations personnelles ont grandi et elle a fini par se rétracter en septembre ne pensant pas pouvoir s’investir sur un projet de cette ampleur sans fragiliser sa situation de comédienne.

 

Dans la foulée, Isabelle Pan a suivi le même chemin. Après six ans de travail avec la compagnie, un investissement évident dans la compagnie et un projet qui continue (Arturo Ui et ce qui en découle), elle a ressenti le même besoin que Cédric : se ressourcer en faisant d’autres choses en dehors de la compagnie.

 

Septembre 2006 : me voilà donc à la rentrée avec quatre comédiens sur six…

 

medium_mag.jpgJe décidais donc d’essayer d’adapter le projet pour cinq comédiens, car dans la liste des gens avec qui j’avais envie de prolonger une collaboration il ne restait plus qu’une personne : Magali Bazart. J’aime sa personnalité, son énergie dans le travail masqué. Nous nous sommes connus, comme Sébastien, à travers le travail de clown que nous poursuivons en ce moment. Son enthousiasme à s’engager dans le projet m’a consolé des désistements passés.

 

Mais au court de l’écriture et du début de travail sur la musique, je me rendais compte que le projet risquait d’être bancal sans une sixième personne. Mais je me suis imposé la patience et les rencontres de ce début d’année avec d’autres comédiens au fils de stages que je devais animer.

 

Mais c’était sans compter sur la providence !

 

C’est lors d’une soirée chez Isabelle Pan que j’ai fait la proposition à Marianne Fontaine.

 

medium_marianne.jpgJ’ai travaillé avec elle une année en atelier jeu masqué et cabaret il y a environ une dizaine d’années. Nous nous étions ensuite perdus de vue. Nous nous sommes retrouvés en juillet 2005 lors du festival d’Avignon où j’ai découvert un spectacle que j’ai adoré et programmé au théâtre Marie-Jeanne cette saison : Cabaret Desnos où elle partageait la scène avec Nini Dogskin.

C’est à la suite de cette programmation que Marianne et Nini étaient invitées chez Isabelle.

 

En fin de soirée, alors que je parlais de mon problème de distribution sur Cavale avec Isabelle et de mon envie d’avoir quelqu’un qui sache jouer du piano, Marianne est passée entre nous et je lui ai lancé :

- Tu ne jouerais pas du piano par hasard ? 

Déroutée par ma question, ne sachant pas trop si elle devait répondre sérieusement ou pas, elle a glissé un

- Oui... hésitant et j’ai enchaîné : 

- Ca te dirait de faire partie de la prochaine création de Sam Harkand & Cie ? 

 

Bon, je n’ai pas profité de l’ébriété de fin de soirée pour la faire signer ! Nous avons pris un rendez-vous pour en discuter à tête reposée. Puis après une période de réflexion, j’ai été tout a fait heureux d’entendre son « oui ».

 

Nous voilà donc au complet.

 

Nous avons un an pour réaliser ce projet alliant jeu masqué, marionnettes, musique et chant en direct et danse.

 

Nous avons un an avec toutes les obligations que le métier nous impose : travailler sur d’autres créations pour pouvoir vivre et répéter la prochaine en même temps. L’emploi du temps est un vrai casse-tête, surtout quand on se rend compte que certaines personnes de l’équipe risquent de perdre leurs indemnités d’intermittent en cours de projet !

 

Mais il paraît que c’est ça, la vie d’artiste.

 

Alors accrochons-nous pour vous offrir le plus beau spectacle possible en janvier prochain !

18.02.2007

LE DECLENCHEMENT

Sentant que les finances de la compagnie – toujours elles !- ne me permettraient pas de monter tout de suite un projet aussi lourd qu’ Arturo Ui, Farce Bouffonne je me suis mis à l’écriture d’un jeune public (Le Pacte de Dweedom : la suite de Dweedom la Petite Sorcière) et ai repoussé l’aboutissement de Cavale, le Cabaret Groteque (qui ne s’appelait pas encore « Cavale » mais « Le Cabaret Errant ») à novembre 2008 ou début 2009.

 

Mais c’était sans compter sur l’arrivée dans notre parcours artistique et humain d’un personnage important : Richard Martin.

 

Il avait vu Arturo Ui, Farce Bouffonne et avait décidé de la programmer au théâtre Toursky en décembre 2006.

 

Et puis, le 4 juillet 2006, le jour de mes 40 ans, Richard m’appelle alors que nous étions à la Tour d’Aigues pour jouer Arturo Ui. Il me dit « Je veux coproduire votre prochaine création, il faut qu’on s’en parle bientôt ».

Nous nous en sommes effectivement parlé quelques jours plus tard alors qu’il nous prêtait gracieusement son plateau pour que nous prenions nos marques pour adapter Arturo Ui pour décembre. Il m’a demandé Cavale pour la saison suivante, vraisemblablement entre décembre 2007 et janvier 2008.

Résultat des courses : j’ai abandonné (momentanément) l’écriture du jeune public et me suis attelé à reprendre d’urgence Cavale !

 

Rendez-vous donc les 11 et 12 janvier 2008 au théâtre Toursky à Marseille.

 

Les premières notes prises au fil des lectures

 

Ce qui m’a inspiré Cavale, le Cabaret Grotesque c’est tout ce qui se passe en France et à l’Etranger depuis les cinq dernières années ; ce sont aussi des reportages vus souvent par hasard ou des phrases phares glanées au fil de mes lectures. En voici quelques unes qui ont été à la base de mes réflexions (je m’excuse dores et déjà auprès de leurs auteurs de ces phrases, mais je n’ai pas toujours noté leur source, particulièrement quand j’en faisais un condensé).

 

« Changer le monde, conduire une société vers le bonheur, ce n’est plus comme mener un navire à bon port, son milieu naturel qui est le Bien, mais naviguer à vue dans une mer en colère. »

 

L’apolitisme contemporain a deux sources :

-         les politiques qui invoquent la fortune ou la conjoncture, et donne l’image d’acteurs n’ayant plus de prise avec le réel

-         les citoyens qui croient pouvoir déléguer la sauvegarde de la liberté.« S’il est une vérité en matière politique, c’est qu’il n’y a pas de pouvoir possible sans dissimulation. Autrement dit, tout le pouvoir consiste en sa représentation. »

 

« Nous avons vu ces princes [usant de la ruse] l’emporter enfin sur ceux qui prenaient la loyauté pour base de toute leur conduite » Le Prince – Machiavel

 

« L’Etat ce gère comme une entreprise » Silvio Berlusconi

 

Patrick Rabier

17.02.2007

LE DEBUT DU COMMENCEMENT

medium_cavale_caro_fred.3.JPGC’est en 2004 que tout commence.

Ayant été danseur et chanteur avant d’être comédien puis metteur en scène, j’avais une certaine frustration de ne pas intégrer ces formes artistiques dans mes créations.

 

En mars 2004, pour la fête annuelle du théâtre Marie-Jeanne, L’Heure en Plus, je décide de créer un numéro à partir d’une scène célébrissime du film Cabaret de Bob Fosse : la chanson « Mein Herr » revue et corrigée pour un meneur de revue et quatre danseuses. Malgré les souffrances, les comédien(ne)s semblent ouvert à renouveler l’expérience puisque le public en redemande.

 

Je décide donc que notre prochaine création sera un cabaret. (Il y a même un projet de collaboration sous chapiteau avec les compagnies Estock Fish et Blaguebolle qui est évoquée à cette époque. Pour diverses raisons, le projet ne passera pas l’état d’évocation).

 

Je rassemble les notes prises au fil du temps et essaie d’étudier comment elles pourraient devenir une seule et même histoire.

L’histoire qui en sort alors était celle d’un tyran qui accédait au pouvoir par des moyens douteux et démagogiques.

 

Lors d’une discussion avec un autre créateur, il ressort que stratégiquement, pour faire connaître la compagnie d’un plus large public, il serait plus sage de monter le texte d’un auteur connu plutôt qu’un texte personnel.

Je venais alors d’acheter les œuvres complètes de Brecht chez un bouquiniste et me suis jeté immédiatement dans leur lecture. Pour quelle raison ai-je commencé par La résistible Ascension d’Arturo Ui ? Je ne sais plus vraiment. Peut-être par souvenir du thème central qui était dans mes préoccupations d’alors.

Toujours est-il qu’il m’a paru évident que c’était cette pièce que je devais monter. Cela a pris un an et demi et le résultat a dépassé ce que j’avais pu imaginé à cette époque… Même si la naissance s’est quelques fois faite dans la douleur.

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Quand Arturo Ui, Farce Bouffonne a commencé à vivre en public, l’enthousiasme qu’il a suscité m’a donné envie de me remettre à l’écriture et de reprendre ce cabaret. J’avais continué à pendre des notes depuis ces deux ans écoulés. Mais il devenait complexe d’en sortir un thème central et surtout il était dur pour moi d’imaginer d’autres personnages que les cinq bouffons d’Arturo Ui, personnalités fortes qui avaient squatté mon imaginaire pendant tous ces mois.

 

J’ai donc décidé de prévoir autre chose entre temps pour changer d’univers un tant soit peu. C’est là qu’est né le projet Clown Celebrity (un quintet de clowns avec la même équipe qu’Arturo Ui). Mais ce projet n’a pas vu le jour autrement qu’en version courte pour une  scène ouverte, faute de moyens financiers.

 

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Je me souviens exactement du déclenchement de l’écriture de ce projet qui me hantait sans prendre une forme précise dans ma tête et sous la plume.

 

Lors d’une nuit d’insomnie, le dimanche 4 avril 2004, je me suis levé et ai allumé la télévision. Je suis tombé, sur Canal Jimmy, sur une nouvelle série : Carnivale, la Caravane de l’Etrange. Et là j’ai compris quelle était le cadre dans lequel se passerait mon cabaret.

Pour écrire j’ai besoin de voir d’abord les personnages, et les personnages de cette série m’ont aidé à en imaginer d’autres de la même famille.

 

Pour préciser encore le contexte de cette création, j’ai revus plusieurs films : Cabaret de Bob Fosse, encore et encore, Freaks de Tod Browning, Elephant Man de David Lynch, La Strada et Et Vogue le Navire de Federico Fellini, L’Ange Bleu de Robert Wiene, Le Cabinet du Docteur Caligari de Josef Von Sternberg.

 

 

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L’univers visuel et musical s’est mis en place. Et partir de là, les notes sont devenues cohérentes, le plan de l’histoire s’est mis en place en très peu de temps. J’ai commencé à étoffer le squelette de mon histoire à partir de juillet 2005 et ce travail a continué pendant un an.

Patrick Rabier

16.02.2007

QUI SOMMES-NOUS ?

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POUR CEUX QUI NE CONNAITRAIENT PAS

SAM HARKAND & Cie

 

La compagnie est née en septembre 1990 sous l’impulsion de Patrick Rabier qui est toujours aux commandes artistiques

et à la mise en scène.

 

Elle a grandi entre spectacles jeune public et spectacle pour public adulte, avec une spécificité qui s’est affirmée très vite :

le jeu masqué.

 

Au fil du temps un univers singulier s’est dessiné de plus en plus précisément : le grotesque, incarnation parfaite de la tragi-comédie chère au metteur en scène, puisqu’il est la rencontre entre le rire et le morbide.

 

Avec l’aide de Cédric Pera, des masques grotesques ont été créés spécialement pour les créations de la compagnie, conjugaison du masque de Commedia dell’Arte et maquillage du cinéma muet expressionniste.

Puis les marionnettes sont venues compléter la galerie de personnages de Sam Harkand & Cie, toujours fidèles à l’univers visuel de la compagnie.

 

Enfin le retour aux sources de ce type de jeu et de mise en scène : le clown et le bouffon.

 

Ces dernières années vous avez peut-être vu :

 

2000/2004  Le Misanthrope, Comédie Masquée d’après Molière (masques grotesques et un clown)

 

2001/2003  Dweedom, la Petite Sorcière (jeune public avec masques et marionnettes)

 

2002/2004  Pataquès et Baraques de Clowns (trio de clowns)

 

2003/2006  La Légende du Grand Imaginateur (jeune public, clown, masque et marionnettes)

 

2005  Clown Celebrity (quintet de clowns, pièce courte)

 

2004/2007  Arturo Ui, Farce Bouffonne bouffons, masques et marionnettes)

 

En 2000, Sam Harkand & Cie ouvre le théâtre Marie-Jeanne, programmation pour clowns, masques, marionnettes et cabarets.

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